LA NATURE AUTOUR D'ARTONNE

 

La Commune d’Artonne est marquée par une topographie particulière, liée à l’histoire géologique de la plaine de Limagne.

La partie basse (335 à 350 mètres d’altitude) de la Commune (Sud Est) est dominée par des terrains argileux, autrefois occupés par des marais, aujourd’hui asséchés par les grandes cultures. Les lieux dits comme l’Etang ou le Petit marais en témoignent encore. La Morge, petite rivière des Combrailles égaie cette zone, par son rideau d’arbres et de prairies.

Au dessus de cette plaine domine une zone de coteaux (400 à 500 mètres) construits sur des pentes calcaires sèches (Nord Est). Autrefois, ces coteaux étaient le domaine de la vigne et des vergers. Ils forment encore par endroits des petites zones favorables à une végétation et une faune adaptées à des conditions arides.

Derrière ces pentes, les cultures ont remplacé les pâturages sur le plateau calcaire (Nord). Des petits promontoires sont encore les vestiges de pâturage ou de bois. Ils forment les panoramas et les points culminants de la commune. On parle comme partout en Basse Auvergne de Puys (du latin : podium !) comme le Puy Merle, le Puy St Jean et les Puys, le point culminant de la Commune (533 mètres).

Mais Artonne est aussi construit sur une faille Nord/Sud importante marquant la distinction entre terrains sédimentaires à l’Est et terrains cristallins (migmatites) à l’Ouest. D’autres coteaux situés sur l’autre bord du plateau (Ouest) sont constitués de cette roche. Des zones de pâturage, de bois ou d’affleurements rocheux forment des végétations arides particulières sur ces terrains acides. Les bordures de la Croix des Rameaux en font partie.

Artonne est donc variée, marquée par une rivière, des grandes cultures, des forêts et des prairies alluviales, des vergers, des vignes, des prairies sèches, des affleurements rocheux…

Artonne a su préserver et mettre en valeur certains de ces espaces les plus remarquables.

LE PUY SAINT-JEAN

La Commune d'Artonne et le Conservatoire des Espaces et Paysages d'Auvergne (CEPA) ont réhabilité une parcelle communale (2 hectares), caractéristiques des coteaux jadis pâturés et/ou cultivés.

Des points attractifs ont été aménagés pour la découverte de différents thèmes : paysage, vigne, arboretum, pelouses sèches, verger, mare. Le visiteur est amené à parcourir un sentier à la découverte de ces 6 entités.

Paysage : Une table d’orientation panoramique a été installée sur le point de vue le plus remarquable : panorama sur le village concentrique et la chaîne des puys.

Vigne : Les plantes, jadis utilisées autour des cabanons et des vignes ont été replantées autour d’une vigne encore entretenue. Figuier, Pêcher de vigne, Genêt d’Espagne, Physalis, Iris d’Allemagne…

Arboretum : Un espace boisé a été complété de nombreux arbres pouvant se développer sur les coteaux : Frêne élevé, Acacia faux robinier, Chêne pubescent, Erable champêtre, Baguenaudier…

Pelouses sèches : Il s’agit des grandes herbes sèches des coteaux, devenant rares devant l’abandon du pâturage ou la mise en culture de ces zones. Ici, seule la fauche est pratiquée tardivement en juillet pour que les plantes et les fleurs expriment leur floraison et leur fructification, nécessaires aussi pour les insectes comme les papillons et les abeilles. Seuls des cheminements pour le visiteur sont fauchés à cette période jusqu’au 15 juillet. Cette gestion particulière est favorable aux papillons devenus rares.

Verger : Des arbres fruitiers traditionnels, aujourd’hui menacés ont été replantés à travers le site et dans un espace plus restreint. Abricotier d’Auvergne, Amandier, Néflier, Cormier, variétés anciennes de Pommiers et de Poiriers comme l’Armoise, la Canada d’Auvergne, Comte…

Mare : Une mare a été creusée, alimentée par une source captée dans un puits restauré. Quatre superbes Saules blancs, classés parmi les arbres remarquables d’Auvergne bordent cet endroit plus frais. Ce lieu est favorable à la reproduction du Triton palmé.

Faune : Parmi les oiseaux, notons le Faucon crécerelle, le Rouge queue à front blanc. Triton palmé…
Flore : Arum d’Italie. Parmi les orchidées : l’Ophrys abeille…

Accès : Le site dispose de plusieurs entrées, l'une par le sentier du puy Saint-Jean, partant du boulevard de Versailles, une autre par le sommet du puy Saint-Jean et la dernière par le chemin des Côtes (entrée basse).

Durée de visite : 30 minutes

Randonnée : PR Chamina (traversant le site), départ Eglise d’Artonne, 3h00, 9,5 km, balisage jaune

Divers : Espace clos sécurisé pour les enfants

Panneaux explicatifs : 50 étiquettes désignant le nom d’Arbres, d'Arbustes et de plantes. 2 panneaux, une table panoramique.

Plaquette disponible : pdf joint


LE VAL DE MORGE

 

Descendue des Combrailles et rejoignant l’Allier à Maringues, la Morge est une petite rivière de 65 kilomètres, formant une des rares zones naturelles du nord du département. Forêts naturelles, ripisylves, prairies, sources minéralisées bordent les rives de cette rivière sur 5 kilomètres entre Artonne et Saint Myon.

La Loutre est présente sur la Morge. Le Cincle plongeur, oiseau furtif se déplaçant rapidement au dessus de la rivière ou pêchant sous l’eau est très présent à proximité des eaux les plus vives (moulins, chutes d’eau).

Les bois situés à proximité de la rivière sont appelés « forêts alluviales ». Constitués de Frênes élevés, d’Aulnes glutineux, de Chênes pédonculés, de Peupliers noirs. Ces milieux « refuge » hébergent une faune caractéristique. Le Milan noir y niche. Les Tarins des aulnes se rassemblent l’hiver dans la fronde des arbres. Les Pics vert, épeiche et épeichette se reproduisent dans les loges des arbres. Au printemps de mars à avril, ces zones sont le festival des couleurs parmi une quinzaine espèces de plantes comme l’Anémone sylvie, la Lathrée clandestine…

Ces forêts sont nécessaires pour le maintien de cette flore et de cette faune, ainsi que pour l’épuration des eaux, donc aussi pour la bonne santé de la rivière.


Le long de son cours, la Morge possède aussi quelques sources minéralisées situées majoritairement du côté de Saint Myon. Plusieurs d’entre-elles ont été exploitées (source Desaix). Aujourd’hui seules des bulles de gaz dans la rivière, un ancien bâti trahissent du côté d’Artonne cette particularité géologique (Sources Gros, Fradet, Alphonse). Du côté de Saint-Myon, de nombreuses traces sont encore visibles : bâtiment d’embouteillage, ancien captage….

Le Sivom Val de Morge, les Communes d’Artonne et de Saint Myon et le Conservatoire des Espaces et Paysages d’Auvergne ont récemment labellisé 140 hectares en Espaces Naturels Sensibles.

Ils ont aussi intégré la Morge en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique) par le Ministère de l’Ecologie. Une partie a été aussi classée en Natura 2000 par l’Union européenne.

Faune : Loutre d’Europe, Cincle plongeur, Martin pêcheur, Milan noir, Truite fario, Lucane-cerf volant…
Flore : Vesce de Narbonne, Orme lisse…

Accès : principal accès à partir de la RD985, tourner à gauche du pont enjambant la Morge avant St Myon

Durée de visite : 30 minutes à 2 heures (voir circuit proposé sur plaquette)

Randonnée : PR Chamina (traversant le site), départ Eglise d’Artonne, 3h00, 9,5 km, balisage jaune

Panneaux explicatifs : 1 panneau sur les oiseaux

Plaquette disponible : pdf joint


LA CROIX DES RAMEAUX

 

Du haut de ce sommet (437 mètres), admirez un panorama dominant l’entrée de la Morge dans la plaine de Combronde. Autour de ce sommet, la végétation naturelle est une herbe rase (fétuque), croissant sur des affleurements rouges de migmatite et rejoignant les bords de la Morge. Cet affleurement correspond à un rehaussement du socle cristallin par le jeu de failles. Cette curiosité géologique est appelée « le Horst de Saint Myon».

Cet ensemble dominé par la Croix des Rameaux est composé de pelouses sèches laissant place par endroits à des buissons épineux, constituant de nombreux abris pour les oiseaux. De nombreuses carrières ont été creusées constituant même au bord de la Morge, une falaise peu accessible, d’un fort intérêt écologique.


Faune : Huppe fasciée, Vipère aspic…
Flore : Genévrier, Callune, Chêne pubescent, Hélianthème des Apennins, Miroir de Vénus hybride…

Accès : Vers les Maisons Blanches ou Bournichon (voir carte IGN)

Durée de visite : 5 minutes à 1 heure

Randonnée : PR Chamina (traversant le site), départ Eglise d’Artonne, 3h00, 9,5 km, balisage jaune

Panneaux explicatifs : 1 panneau du Conseil Général

LES ENVIRONS DE GLENAT


Ce petit hameau, abrité est construit à mi pente sur un coteau calcaire, arrosé de nombreuses sources. Cette particularité a donné à ces lieux une richesse agricole, jadis exploité en vigne et vergers. Noyers, Amandiers, pommiers, poiriers sont encore visibles par endroit.

Aujourd’hui la subsistance d’une agriculture biologique sur ce secteur permet le maintien d’espèces liées à une activité agricole raisonnée comme un oiseau devenu aujourd’hui rare dans le paysage rural français : le Bruant ortolan.

La culture des céréales, des lentilles, du chanvre s’accompagnait jadis d’un cortège de plantes mêlées et mélangées à ces productions. On parle de plantes « messicoles ». Certaines étaient indésirables. D’autres étaient sans impact. Certaines ont résisté plus facilement aux traitements comme le coquelicot ou le Bleuet des champs, d’autres se sont adaptées en restant le long des chemins. Mais il existe encore à Glénat de nombreuses messicoles aujourd’hui devenues extrêmement rares en France, comme l’Adonis annuel, la Bifora rayonnante, le Coquelicot de Lecoq.

Faune : Parmi les oiseaux, le Bruant ortolan, le Busard St Martin, le Lièvre…
Flore : Gagée des champs, Adonis annuel, Bifora rayonnante, Coquelicot de Lecoq…

La LPO Auvergne a proposé cette zone en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique).

Accès : par exemple route d’Artonne à Glénat

Durée de visite : /

Randonnée : PR Chamina (traversant les environs), départ Eglise d’Artonne, 3h00, 9,5 km, balisage jaune

Panneaux explicatifs : /

Plaquette disponible : /


LE VILLAGE D’ARTONNE


Même le village d’Artonne, héberge quelques particularités liées à la présence des parcs, des jardins, des fontaines et des vieux bâtiments.


De nuit, l’Alyte petit crapaud des jardins chante dès le mois de mars à proximité des points d’eau. C’est le fameux bip bip des soirées de printemps et d’été. Sa particularité : le mâle porte les œufs sur son dos. Il est très présent le long du Boulevard de Versailles.

Autre hôte de la nuit, c’est la Chouette effraie qui porte bien son nom, surprenant le promeneur par son souffle ou ses cris de cochons égorgés. Elle niche dans les combles des granges.

Enfin, au coin d’une rue, Ecureuil roux, Fouine, sont les mammifères les plus courants du village. Plusieurs espèces de chauves-souris ont aussi été répertoriées comme les Oreillards, le Petit Rhinolophe, la Sérotine commune et la Barbastelle d’Europe. Cette dernière est présente l’été derrière certains volets ou dans les interstices des poutres de grange. Elles chassent la nuit dans les nombreux parcs préservés du village. Une colonie est présente dans le village, l’une des 10 colonies de reproduction connues en Auvergne.

Parmi les oiseaux courants, le Rouge-queue noir, l’Hirondelle de cheminée et de fenêtre nichent autour des bâtiments.

Sous le village, au sud, les allées de Noyers le long des chemins soutenus par des murs constituent une zone de terrasse classée récemment comme une entité paysagère remarquable du village. Cette zone a été classée en ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain, Paysager).


Faune : Alyte, Ecureuil roux, Fouine, Oreillards, Barbastelle, Chouette effraie, le Rouge-queue-noir, l’Hirondelle de cheminée et de fenêtre…

Flore : Figuier, Néflier, Murier, Noyer


Accès : /

Durée de visite : 1 heure minimum pour réaliser le tour du centre bourg

Panneaux explicatifs : /

Plaquette disponible : /


POUR EN SAVOIR PLUS :


· ASSOCIATION INITATIVES ET IDEES, 2004. Les moulins de la Morge. Limagne Nord n°12. 40 p.

· CEPA, 1997. Le patrimoine naturel de Saint-Myon (63), diagnostic et propositions d’actions. Rapport interne. Commune de Saint-Myon. 29 p.

· CEPA, 2001. Etude de la flore messicole d’Auvergne, évaluation des pratiques de l’agriculture biologique sur la préservation des taxons menacés, phase 2 : sols calcaires et volcaniques. 20 p.

· CEPA, 2003. Document d'objectifs Natura 2000 Vallées et coteaux thermophiles au nord de Clermont-fd, n° FR 830 1036. 85 p.

· CHAMINA, 2006. Le Puy-de-Dôme, 52 circuits de petite randonnée balisés. 151 p.

· LEGRAND R., 2006. Diagnostic et propositions pour la mise en valeur des bords de Morge (Artonne, Saint Myon-63). CEPA. 48 p. Sivom Val de Morge, Natura 2000.

http://auvergne.ecologie.gouv.fr
http://cen-auvergne.fr


D’AUTRES BALADES À PROXIMITÉ :


· Coteau des Chapelles à Gannat (03)

· Puy de Loule à Saint Myon (63), voir carte IGN

· Circuit « du puits qui bout » à Gimeaux (63)

· Panorama de Montpensier (63)

Pour toute demande d’informations : rom1.legrand@free.fr

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